Horizon 2012

Les professeurs documentalistes à l’horizon 2012

RESUME
Avec la FADBEN, soyez au rendez-​​vous de 2012.

Horizon 2012

Les professeurs documentalistes à l’horizon 2012

Aborder 2012, c’est poser clai­rement les défis que les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes auront à relever pour demeurer des acteurs incon­tour­nables du système éducatif dans une société dite de l’information et du savoir. Le CDI devra plei­nement jouer son rôle de système didactisé et ne pas se diluer dans le vaste océan de l’Internet.


En 2012,

la FADBEN sou­haite que la for­mation à la culture infor­ma­tion­nelle soit ins­crite dans les fina­lités éduca­tives et les valeurs propres à l’école, qui touchent à la construction d’une auto­nomie de pensée, à la for­mation à l’attention, à la construction des savoirs, à la for­mation citoyenne, à l’égalité des chances et à l’insertion pro­fes­sion­nelle et sociale.

La FADBEN veut que les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes soient reconnus pour leur double com­pé­tence de péda­gogue et de gestionnaire.

La FADBEN, avec le réfé­rentiel métier publié en 2051, prend en compte les divers pôles du métier de pro­fesseur documentaliste.

Le déve­lop­pement des envi­ron­ne­ments numé­riques de travail dans l’école et des tech­no­logies numé­riques dans la société demande une for­mation des élèves qui dépasse la simple maî­trise de l’information. Évoluer dans un contexte pro­fes­sionnel numé­rique demande aussi sur le plan tech­nique des com­pé­tences nou­velles. Il est donc néces­saire d’inscrire les aspects orga­ni­sa­tionnels de la docu­men­tation dans la poli­tique de l’établissement, dans toute sa dimension stra­té­gique et poli­tique. Les envi­ron­ne­ments numé­riques de travail pour­raient enfin per­mettre la création, tant attendue par les pro­fes­sionnels, d’un réservoir partagé de données afin de libérer du temps pour des tâches d’enseignement.

La FADBEN s’implique for­tement dans l’évolution du rôle des pro­fes­seurs docu­men­ta­listes et du CDI dans le cadre de la trans­for­mation de l’environnement docu­men­taire. Elle esquisse ici les enjeux à l’horizon 2012 (Année de congrès, pour les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes, et 40e anni­ver­saire de l’association professionnelle)

Les enjeux de la médiation docu­men­taire.

Le rôle vital dans la vie quo­ti­dienne de l’écrit, de l’accès à l’information et de l’usage qui en est fait conduit à réfléchir à l’avenir de notre pro­fession, dans un établis­sement sco­laire, en terme de valeur ajoutée multiforme.

Le métier de pro­fesseur docu­men­ta­liste possède de mul­tiples facettes. Son devenir est porté par sa finalité : le déve­lop­pement de la culture infor­ma­tion­nelle pour tous les élèves

Il ne s’agit pas de dis­tinguer les objectifs, entre SIC, lecture(s), système d’information docu­men­taire et envi­ron­nement de travail « à l’ère du numé­rique » mais de les associer en s’appuyant sur les com­pé­tences spé­ci­fiques des pro­fes­seurs documentalistes.

Afin de pouvoir aborder les enjeux liés à la for­mation, à la médiation dans le domaine de l’information-communication, il faut s’intéresser aux muta­tions en cours et envi­sager les pers­pec­tives d’un métier dont le lieu d’exercice est l’établissement sco­laire et continuer la moder­ni­sation des ser­vices et lieux.

En s’inscrivant dans une pers­pective dyna­mique, la FADBEN sou­haite réunir tous les acteurs autour d’un même projet.

L’absence de projet politique fort : un handicap.

En l’absence d’un projet poli­tique, social, culturel et scien­ti­fique, porteur d’une vision forte et positive de l’information-documentation, les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes déploient une énergie déme­surée pour des résultats qui ne touchent tou­jours pas l’ensemble des élèves. Leurs actions péda­go­giques souvent inno­vantes n’ont tou­jours pas été prises en compte du point de vue ins­ti­tu­tionnel pour per­mettre une géné­ra­li­sation à tous les élèves. Malgré, les inter­ven­tions nom­breuses de la Fédé­ration, la réforme du Lycée n’a pas été non plus l’occasion de mettre les appren­tis­sages info-​​documentaires en cohérence.

Les der­nières réflexions ins­ti­tu­tion­nelles relèvent d’une approche ges­tion­naire où les CDI et les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes servent de variables d’ajustement des affec­ta­tions et des pro­blèmes de vie sco­laire. La FADBEN y voit une ten­tative d’ignorer la manière dont s’est construite l’identité pro­fes­sion­nelle ensei­gnante des pro­fes­seurs docu­men­ta­listes en dehors des modèles d’enseignement transmissifs.

Le dis­cours res­senti par la pro­fession comme le plus inac­cep­table de l’année sco­laire passée a été tenu lors du sémi­naire sur le "Learning Centre". Dans les conclu­sions des ate­liers, les savoir-​​faire pro­fes­sionnels des pro­fes­seurs docu­men­ta­listes ont été dénigrés par l’insinuation sys­té­ma­tique de leur désuétude. Il ne s’agissait plus de réfléchir sur la modernité des espaces et des ser­vices mais de contribuer à l’idéologie du « tout numé­rique sans profs ! »

Ce dis­cours s’appuie sur la fas­ci­nation pour les tech­no­logies et l’Internet, comme si l’augmentation du taux d’équipement et la mul­ti­pli­cation des accès réglaient les pro­blèmes des usages et de l’acquisition de connais­sances (cf Marc Prensky et les digital natives).

D’autre part, les learning centres dont le principe réside dans l’expérimentation sans contrainte de l’autoformation des étudiants dans des espaces à mi-​​chemin entre un chez soi et un entre-​​nous sont pré­sentés comme évidemment supé­rieurs sans que ne soient pris en compte ni le contexte sco­laire, ni la dif­fé­rence de maturité entre un étudiant et un lycéen, ni le nombre de plus en plus important d’élèves de lycée en difficulté.

Le danger d’un tel dis­cours tech­ni­ciste est qu’il occulte les condi­tions qui rendent pos­sibles l’autonomie, l’autoformation, les appren­tis­sages. Depuis les années 2000, la FADBEN ne cesse de répéter que la mise à dis­po­sition des outils n’implique pas auto­ma­ti­quement leur usage et que la connais­sance ne se réduit pas à la réception de l’information, elle en nécessite l’appropriation !

La FADBEN voit dans l’année 2012 une occasion pour cla­rifier les enjeux et les défis à venir afin d’éviter l’essoufflement des per­sonnels. Le manque de repré­sen­tation claire et positive qu’en a sa hié­rarchie continue à reléguer le pro­fesseur docu­men­ta­liste dans une fonction tra­di­tion­nelle et patri­mo­niale de biblio­thé­caire alors que les besoins d’une société du savoir reposent en bonne partie sur l’acquisition d’une culture et d’une maî­trise de l’information.

L’écart qui se creuse entre ce pour quoi le pro­fesseur docu­men­ta­liste s’est formé, ce pour quoi il a renouvelé ses connais­sances pro­fes­sion­nelles et ce qui lui est demandé par l’institution est porteur d’un mécon­ten­tement croissant.

L’absence de déci­sions est un han­dicap pour l’avenir. Les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes attendent un projet poli­tique, social, culturel et scien­ti­fique fort qui légi­timera leur rôle et confirmera le CDI comme ins­trument scolaire.

Une contribution pour un avenir professionnel partagé

La question des besoins, dans l’établissement sco­laire, iden­tifiés en adé­quation avec la demande sociale se pose. La FADBEN propose de contribuer à y répondre, en tant qu’acteur pri­vi­légié, avec le soutien de la com­mu­nauté éducative et l’aide des chercheurs.

Le cœur du métier du pro­fesseur docu­men­ta­liste ne change pas, les réa­lités du numé­rique en revanche accen­tuent l’obligation de tra­vailler tous ensemble. Les établis­se­ments doivent donc se doter d’un projet docu­men­taire, véri­table poli­tique pour l’établissement.

Le paysage s’est com­plexifié avec l’avènement de l’ère tech­no­lo­gique, il a vu s’installer paral­lè­lement matériel, res­sources infor­ma­tiques et docu­men­taires dans des espaces et sous des res­pon­sa­bi­lités dis­persées et non fédérées, parfois sources de conflit de pouvoir à l’échelle de l’établissement.

Mais l’enjeu majeur pour le pro­fesseur docu­men­ta­liste concerne le défi culturel et social que constitue l’acquisition d’une culture infor­ma­tion­nelle par les élèves, dans un envi­ron­nement tou­jours chan­geant. L’objectif pri­mordial de l’École est de faire accéder chaque élève, quel qu’il soit, à l’autonomie, pour lui per­mettre de défendre son point de vue, mais aussi et surtout de savoir com­prendre celui des autres pour se construire une opinion.

« Il a été démontré que lorsque les biblio­thé­caires sco­laires (appel­lation adoptée en dehors de la France pour l’équivalent des pro­fes­seurs docu­men­ta­listes) et les ensei­gnants tra­vaillent en col­la­bo­ration, les élèves font des progrès en écriture et en lecture, ils apprennent mieux et savent mieux résoudre des pro­blèmes. Ils acquièrent également une meilleure expé­rience des tech­niques de l’information et de la communication ».

Quand est-​​ce que se met­tront en place des dis­po­sitifs per­mettant cette coopé­ration à grande échelle ?

C’est d’autant plus urgent qu’un autre défi se pré­sente à l’École, la question cru­ciale de l’évolution des pra­tiques de lecture à « l’ère du numé­rique », elles aussi inces­samment transformées.

Rendez-​​vous en 2012

Un anniversaire : les quarante ans de l’association professionnelle ;

Un Congrès où le débat sera ouvert entre les divers domaines d’expertise, entre les champs de com­pé­tences et les sphères de responsabilité ;

Et une élection pré­si­den­tielle, occasion pri­vi­légiée pour inter­peller les partis sur leurs projets.

Voici posés en cette rentrée sco­laire les temps forts de l’année à venir. Ils impliquent de la part de tous les adhé­rents un mili­tan­tisme digne des pion­niers pour ras­sembler la pro­fession autour de son identité enseignante.

Ne laissez pas les CDI se diluer dans l’océan de l’Internet, ne laissez pas la pro­fession se dis­perser dans des profils pro­fes­sionnels com­plexes ne cor­res­pondant pas aux besoins des établis­se­ments sco­laires du second degré.

A l’horizon 2012, qui mieux que les pro­fes­seurs docu­men­ta­listes sont à même de former les élèves, seuls ou en col­la­bo­ration avec les ensei­gnants des autres dis­ci­plines, à la nou­velle donne docu­men­taire, quand « L’infobésité », sans connais­sances ni outils intel­lec­tuels pour la maî­triser, va souvent de paire avec une forme d’illettrisme infor­ma­tionnel incom­pa­tible avec les enjeux sociétaux français mis en avant dans la cam­pagne électorale ?

Avec la FADBEN, soyez au rendez-​​vous de 2012 et, en par­ti­culier du 9è Congrès des pro­fes­seurs docu­men­ta­listes qu’elle organise à Paris au mois de mars !

http://congres2012.fadben.asso.fr/

Bonne rentrée à toutes et à tous.

Martine Ernoult

Présidente de la FADBEN



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